Footing touristique

  • Samedi 8 août 1998 : Santorin

La nuit n’a pas été bonne : les intonations germaniques des voisins jusqu’à tard le soir, le gonflement interminable d’un matelas pneumatique à deux mètres de notre tente en pleine nuit, le vent en bourrasques, le réveil qui prend un coup de speed en sonnant à 3h30… Malgré tout, je ne manque pas de courage lorsque je m’élance à 7h45 pour mon premier footing en terre grecque. Aux abords de Périssa, je bifurque sur la droite et ma course se transforme en randonnée pédestre car le terrain est pour le moins accidenté. Au sommet, je domine toute la plaine, je toise l’océan, et le « meltem », le vent local souffle vraiment très fort. Je dois effectuer la descente de l’autre côté quasiment en rappel, et je me retrouve en bord de mer sur la Vlyhada beach. Je réalise alors que je suis vraiment très loin du camping… Je reprends ma course sur une route qui s’enfonce dans la campagne, une sorte de désert. Le vent souffle de face, j’ai chaud, j’ai soif… Le destin m’envoie enfin un véhicule sur cette route où personne ne passe. Je me résigne à faire du stop, elle s’arrête : c’est un vieil ouvrier grec, qui me dépose à cinq cents mètres du camping. « Efkaristo… » (merci beaucoup !). Je suis de retour après une heure et quart de « footing touristique ». J’apprécie d’autant la douche et le petit dej’.

Des mulets permettent d'éviter la descente à pied des 300 marches qui mènent au vieux port...

Des mulets permettent d’éviter la descente à pied des 300 marches qui mènent au vieux port…

Aux alentours de midi, nous reprenons le bus pour Thira. Comme la veille, le ballet des vieux autocars autour de la « bus station » est un spectacle extraordinaire. Le « Gyros sandwich » est un vrai régal avalé en un rien de temps sous les voûtes du parvis de la cathédrale orthodoxe, que Caro et Alex ont visitée la veille. Il est 14h lorsque nous entreprenons la descente des 387 marches qui mènent au vieux port, alors que les autochtones ne cessent d’essayer de nous vendre la descente à dos de mulet. « Katastroph’ ! Señorina… » s’exclame l’un d’eux lorsqu’Alex décline une nouvelle fois l’offre. Elle n’a vraiment pas confiance en la bête…

« I’m the king of the world ! »

Old Port, le vieux port de Thira

Old Port, le vieux port de Thira

En bas, à « Old Port », nous nous renseignons sur les possibilités de visite du volcan de Nea Kameni . Il est trop tard pour effectuer le grand tour par les eaux réputées sulfureuses de « Hot Springs », nous devrons nous contenter du « Volcano ». C’est à bord d’un petit caïque (« caïqui« ) appartenant à un vieux marin grec que nous effectuons notre excursion. Nous ne sommes que six passagers à bord de la frêle embarcation qui s’élance vers le volcan : nous quatre et un couple d’italiens. Le caïque tangue un peu mais le trajet est court, et nous sommes bien vite arrivés à destination : une petite crique aménagée où est amarré un superbe voilier. Notre marin nous laisse 1h30 pour monter aux cratères et profiter d’un temps de baignade sur les berges du volcan.

L’ascension est pénible (nous n’avions pas prévu de chaussures pour crapahuter dans les roches volcaniques… mes bateaux s’en souviendront), l’atmosphère est suffocante, mais le spectacle final époustouflant. « I’m the king of the world ! »clame David parvenu le premier au sommet.

La mer est partout autour de nous, le paysage volcanique saisissant. Quelques fumerolles s’échappent d’une cavité du cratère…il est temps de redescendre. Grand temps même, puisque deux, trois,cinq gros bateaux viennent déverser leurs flots de touristes sur les pentes du volcan où nous étions seuls au monde quelques minutes auparavant. Nous profitons encore de notre avance pour squatter l’unique plage (3 m² !) et batifoler dans l’eau. Partout autour de nous l’endroit est extraordinaire, le cadre inoubliable.

Sur le volcan de Nea Kameni

Sur le volcan de Nea Kameni

Nous avons perdu nos italiens pour le retour au vieux port, et tandis que Caro s’échappe par le télécabine, Alex, David et moi repartons courageusement à l’assaut des 387 marches qui mènent à la ville haute de Thira. Alex retrouve son marchand de mulet, qui lui propose une nouvelle ristourne. En haut du télécabine, nous nous retrouvons tous les quatre, assis sur une terrasse à l’ombre, fatigués… Le rythme est intense depuis notre arrivée, les journées bien remplies et comme le fait remarquer Caro : « On n’a encore jamais fait la sieste ! ». A l’heure du goûter, les chocos et le melon grec sont fortement appréciés, et pendant que Caro, Alex et David se replongent dans leurs souvenirs communs du lycée, je pique un somme…

Soirée basket-tzaziki

La ville haute de Thira est splendide : quasiment pas de commerces, et par conséquent, peu de touristes… bref on baigne dans la véritable ambiance grecque. Le quartier est plutôt résidentiel, les habitations sont splendides, les cathédrales au dôme bleu roi majestueuses. De tout en haut, nous surplombons toute la ville, éclairée par les rayons d’un soleil qui se couche sur la mer, juste derrière le volcan : avec le charme des chapelle cycladiques, chaque paysage ressemble à une carte postale, grandeur nature. Même l’appareil photo d’Alex et son format panoramique ne pourraient rendre compte d’une telle beauté. Le site en impose, c’est indéniable…

gr-1998-soleil-couchant-cathedrale-thira

Soleil couchant sur une cathédrale de Thira

Les derniers rayons nous permettent de rencontrer un couple de français à la recherche d’une chambre. Nous échangeons les tuyaux sur les îles : Ios = gerbos, très jeune, très boîte, très bière…à éviter; Naxos, superbe ; Amorgos, superbe…mais pas de bateau au départ de Santorin ; Folegandros (« l’île de la Grande Folle » dixit David), surpeuplée…

Coucher de soleil sur Thira à Santorin

Coucher de soleil sur Thira à Santorin

Et c’est toute notre stratégie de voyage qui est remise en cause : l’itinéraire initial Santorin–Amorgos–Ios–Folegandros–Santorin a du plomb dans l’aile. Du coup, Caro modifie la place des post-it dans le Guide du Routard qu’elle nous déballe à tout bout de champ, et promet de potasser avant de se coucher.

La soirée se termine dans une petite taverne fort sympathique où nous avions pris un verre la veille. Choix opportun, puisque la télévision diffuse les demi-finales du championnat de monde de basket qui se déroule au même moment à Athènes. Nous arrivons juste pour voir les russes disposer des américains (66-64), alors que la rencontre suivante oppose la Grèce (!!) à la Yougoslavie. Côté cuisine, la moussaka laisse à désire (dommage pour Caro, Alex et David), alors que j’avais encore fait le bon choix : Tzaziki (fromage blanc, concombre et ail pilé) puis poisson grillé. Les horaires de bus ne nous permettent pas de voir la fin de la rencontre, mais je comprendrai le lendemain matin à la lecture des journaux grecs que les Grecs l’ont emporté après prolongations et disputeront donc la finale le soir même. Où que l’on soit, je veux voir ça !!

Le bus nous ramène au camping, il est 23h. Demain il nous faut quitter Santorin, faire les sacs, plier les tentes…Toute la nuit, je rêve de notre future destination, qui dépendra des disponibilités des bateaux : Naxos, Amorgos, Ios, Folegandros…

« « Short, very short ? »

Accueil cy-real.com | Cyclades 1998 (index)

Sur le pont du Titanic »»

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*