Ouarzazate… et s’éclipser

  • La journée : mercredi 11 août 1999, Ouarzazate
Casbah de Taourirte

Casbah de Taourirte

En matinée, excursion au départ de Ouarzazate pour le village d’Aït Benhaddou (vieux ksar et casbahs) puis visite guidée de la casbah de Taourirte à la sortie de Ouarzazate. L’après-midi, nous sommes totalement libres pour la première fois ! Sieste, boutiques et balade dans Ouarzazate. En soirée, repas à l’hôtel puis balade dans Ouarzazate (boutiques) et fin de soirée au piano-bar de l’hôtel avec danseuse du ventre. Nuit à l’hôtel Bélère de Ouarzazate.

  • Le truc à voir

Le vieux village d’Aït Benhaddou, constitué de vieilles casbahs pleines de charme, sur une petite colline à proximité d’un oued. La traversée de ces ruelles paisibles se fait malheureusement un peu au pas de course. Et le groupe abîme la quiétude de ce site pittoresque, qu’il aurait été préférable de visiter à deux en amoureux…

  • Le coup de cœur…

…pour cette danseuse du ventre qui quitta son siège pour s’emparer de la scène, et qui mit véritablement le feu à la salle du piano-bar de l’hôtel. Je fus littéralement subjugué par le charme, la grâce, la sensualité et l’émotion dégagés par cette splendide marocaine aux formes affirmées, et je m’endormis ce soir-là le sourire aux lèvres, la tête pleine de cette vision exotique et onirique…

  • Le coup de gueule…
Lunettes pour éclipse

Lunettes pour éclipse

…contre l’éclipse totale de soleil qui se déroule en France au même moment, visible seulement à 40 % à Aït Benhaddou. 11 août 1999, dernière éclipse totale de soleil du millénaire, visible en France. Et moi qui ai attendu 25 ans avant de traverser les frontières de mon pays, qui ne passe que deux semaines par an à l’étranger, je trouve le moyen de n’être pas en France ce jour-là !… Le seul truc qui me console, c’est de me dire qu’en voyant une éclipse partielle de Ouarzazate, j’en aurais quand même vu plus que la plupart de mes compatriotes, sous la pluie et les nuages pendant toute la durée du phénomène !

  • Portraits d’autochtones

Ces incroyables commerçants de Ouarzazate, très chaleureux et hospitaliers, ont tout de même un sens du contact très particulier : ils nous sautent à la gorge au premier pas sur le trottoir, ou au premier regard qui va se perdre dans leur vitrine. Le discours ne change quasiment pas d’une boutique à l’autre : on y entre  » pour le plaisir des yeux « , et si on refuse de jeter un œil on a droit à :  » Vous n’aimez pas voir de belles choses ? « . Quoi qu’il arrive, c’est la gazelle qui fait l’objet de toutes les attentions et qui est interpellée, sollicitée voire harcelée. Quant au gazou, il est appelé en renfort soit par la gazelle qui a vu un truc qui lui plaît, soit par le commerçant désemparé de ne pas réussir à lui proposer un objet à son goût.

Les commerçants n’hésitent jamais à faire une analyse physique et psychologique très poussée de leurs clients. Ainsi Caro est « une très très belle gazelle », qui est aussi « très gentille » et qui de surcroît « a un très bon fond » ! Quant à moi, je suis « un joli gazou » avec une qualité : « la patience »…

Ils peuvent être plus ou moins honnêtes, ils peuvent se montrer très sympathiques ou très hypocrites, gentils et hospitaliers (« je vous sers le thé à la menthe, avec ou sans sucre ? »), ils peuvent être réglos ou escrocs mais ils sont tous toujours très collants !!

  • Le régal du jour

La barre de chocolat achetée à la sauvette dans un supermarché de Ouarzazate. Dix jours sans le moindre petit carré de chocolat ni la moindre cuillère de Nutella, c’était trop dur. Alors quand l’occasion se présente de mettre fin à cette période de disette, on ne se pose pas beaucoup de questions !

  • L’anecdote
Jeunes marocaines à Aït Ben Hadou

Jeunes marocaines à Aït Ben Hadou

La scène se passe au cours de cette fameuse éclipse. J’ai fait véritablement fureur avec mes lunettes de l’éclipse aux normes ! Nous n’étions que trois personnes dans le groupe à les avoir prévues, et on aurait dû faire payer un dirham à chaque fois qu’on les prêtait ! Sauf peut-être à ces enfants marocains à qui on proposait un spectacle inédit, probablement incompréhensible. J’ai même trouvé un commerçant qui voulait que je lui troque contre un objet de sa boutique… si je voulais bien rajouter quelques dirhams bien sûr !

Enfin, pour clore ce chapitre sur l’éclipse, une petite blague de notre guide :  » La lune se mit en tête de séduire le soleil et lui donna rendez-vous. Mais celui-ci n’était pas disposer à écouter et lui dit :
– Vous madame, vous sortez toutes les nuits, vous changez sans cesse de quartier et vous êtes pleine une fois par mois. Dans ces conditions je préfère que nous en restions là… « .
Il aurait pu ajouter :
– D’autant plus que j’ai horreur qu’on me fasse de l’ombre !!

  • Voyage et gens du voyage

Saturation touristique. A force d’enchaîner les visites et de voir sans cesse de belles choses, il fallait bien que ça arrive : nous saturons des casbahs, ksour, villages et monuments… Du coup Caro et moi tirons un trait sur l’excursion optionnelle de l’après-midi (la Casbah de Tifoultoute). Nous redevenons ainsi pendant quelques heures maîtres de notre destin, libres de nos pas… Ça fait un bien fou !

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