Erfoud : « Quand t’es dans le désert… »

  • La journée : lundi 9 août 1999, Erfoud et l’erg Chebbi
Tu m'y donnes dirham ?

Tu m’y donnes dirham ?

En matinée, excursion à travers la palmeraie Tafilalet (la plus grande du Maroc avec un million et demi de palmiers dattiers Phœnix) et visite du ksar Oulad Abdelhalim (village fortifié), où un adorable petit garçon marocain nous aborde : « Tu m’y donnes dirham ? Tu m’y donnes stylo ? ». Crochet par Rissani et arrêt devant la mosquée Moulay Ali Chérif (interdite aux  » roumis « , c’est à dire aux non-musulmans). Retour à Erfoud et visite d’une marbrerie artisanale spécialisée dans les fossiles.

L’après-midi vers 17 heures, départ de l’hôtel en 4×4 pour les dunes de l’erg Chebbi situées à une cinquantaine de kilomètres par les pistes des hammadas (étendues désertiques caillouteuses très dures, sans aucune végétation par opposition aux regs) ; coucher de soleil en forme de pétard mouillé sur les dunes et retour à Erfoud de nuit par les mêmes pistes. Repas et nuit à l’hôtel Tafilalet d’Erfoud.

Le ksar Oulad Abdelhalim

Le ksar Oulad Abdelhalim

  • Le truc à voir

Les dunes de l’erg Chebbi, portes du désert saharien. Nous les rejoignons après 50 km de piste caillouteuse à bord d’un 4×4. Notre chauffeur marocain ne cesse de réinventer son itinéraire à travers les pistes qui s’entrecroisent, sur lesquels s’aventurent les véhicules des autres membres du groupe.

Au bout de la piste, les dunes de l'erg Chebbi...

Au bout de la piste, les dunes de l’erg Chebbi…

Le rendez-vous commun est fixé en haut d’une colline d’où nous parviennent les premières images des dunes et de l’immensité désertique, immortalisées à travers une nouvelle séance photo collective. Quelques minutes plus tard, nous foulons ce sable merveilleux et partons à l’assaut des dunes en affrontant le sable battu par le vent et la chaleur. Au plus haut de notre odyssée, la couleur du ciel est fade et le soleil est noyé dans les nuages de la brume de chaleur, mais le spectacle est saisissant : des dunes à perte de vue, des coloris cent pour cent désert naturel, et un certain sentiment de puissance…

  • Le coup de cœur…
Descente de dune...

Descente de dune…

…pour ce décor saharien digne du « Petit Prince ». En ce lieu, voilà la réalité qui rejoint le rêve . Je ne me remets pas de la beauté pure de ces dunes dans un décor sans cesse en mouvement, de la finesse de ce sable dont nous ne manquons pas de ramener un échantillon… Quant au concours de descente de dunes (en sprint ou en roulades), je l’ai emporté haut la main !

  • Le coup de gueule…

…contre les éléments climatiques qui perturbent notre excursion. C’était annoncé, ça n’a pas raté. La brume de chaleur, quasi permanente en juillet – août, nous a privés du spectacle extraordinaire du coucher de soleil dans un lieu aussi grandiose. A la brume de chaleur s’ajouta un vent horripilant soulevant avec lui des nuages de sable fort désagréable, comme si quelqu’un sur la plage secouait sa serviette en permanence. Mais malgré ces petits désagréments, une balade fabuleuse…

  • Portraits d’autochtones
Tente berbère

Tente berbère

Les semi-nomades des tribus berbères…
Installés sur les plateaux du Moyen Atlas ou en bordure du désert, ils logent sous leur kheima (les fameuses tentes berbères), avec femmes et enfants. Les ânes et le troupeau de chèvres ne sont jamais très loin, et les chiens aboient quand la caravane passe…

…et les femmes voilées de noir.
Habitantes des régions du Sud où les traditions s’affirment beaucoup plus, les femmes marocaines adoptent la couleur qui correspond à leur statut social (femme à prendre, femme mariée, veuve…) et masquent tous leurs attributs. Les plus impressionnantes sont ces femmes drapées de noir des pieds à la tête, voilées au point de ne laisser apparaître qu’un regard ou qu’un œil…

  • Le régal du jour

L’eau minérale Sidi Ali. Il s’agit de l’eau minérale vendue en bouteille qui nous accompagne depuis le début du séjour par crainte des amibes. Plus particulièrement la marque Sidi Ali (la Sidi Harazem a un goût !). L’eau à l’honneur en ce jour de désert, puisqu’en rentrant de l’erg Chebbi, il ne restait plus une goutte des 5 litres achetés à midi !

  • L’anecdote

La scène se passe dans notre luxueux appartement de l’hôtel Tafilalet d’Erfoud (une grande pièce avec un immense canapé d’angle et deux lits une place, et une chambre à part avec un lit double). A l’heure de la sieste, voilà soudain qu’une coupure générale d’électricité se produit. Pas de lumière, cela ne pose aucun problème. Pas de frigo, tant pis pour l’eau fraîche. Pas de climatisation… Non, s’il vous plaît, ne coupez pas la climatisation ! Ne coupez pas la climatisation !

  • Voyage et gens du voyage

Ils me rappellent quelqu’un…
Il y a ce bon Mr Etienne, qui me rappelle un peu le père de Caro (le style et l’humour) et aussi l’acteur de Crocodile Dundee (le flegme et la décontraction). Pour son malheur, ce vieux baroudeur (qui n’a jamais été malade en des années de voyage) se paye la plus grosse tourista du groupe depuis le début du séjour (40,3° de fièvre, couché pendant deux jours) et se retrouve privé de désert !

Et puis il y a aussi dans le groupe un adolescent – grand, maigre et fan de basket – qui me rappelle mon cousin Sébastien quelques années auparavant : pas du tout intéressé par l’aspect culturel du voyage (« ils sont cons ces marocains… », « il nous fait chier le guide avec ses casbahs ! »), il est toujours en train de s’ennuyer, de râler et de s’engueuler avec sa mère qui fait son possible pour lui passer ses caprices. On se demande pourquoi il a tenu à l’accompagner dans un tel séjour, lui qui ne s’éclate que dans les piscines des hôtels !

« Cap au sud, via le Moyen Atlas

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