Le record d’Alex

  • Lundi 10 août 1998, Naxos

Au réveil, je m’étonne de ne pas trouver le soleil, dissimulé pour la première fois de notre séjour derrière quelques petits nuages gris. J’accompagne David aux courses pour le petit dej’, et nous en sommes réduits à faire les fonds de porte-monnaie pour nous payer un pot de Merenda, le Nutella local. Il va devenir urgent de faire appel à la fée Carte Bleue pour faire le plein en drachmes. Je remercie la caissière – et en grec SVP, puisque j’ai décidé de me mettre au dialecte en usage :  » Efkaristo ! Athio … « 

Les filles se font porter pâles : Caro use kleenex sur kleenex et Alex est patraque, elle préfère rester couchée. Le trajet en bateau, les soirées un peu plus fraîches, il n’en fallait pas plus pour surprendre ces demoiselles… Il est 10h30, notre voisin au duvet est toujours couché (soit une nuit de plus de quatorze heures !!). Mais Alex se déclare prête à relever le défi, puisqu’après nous avoir rejoint à Aghia Anna Beach, elle retourne se coucher pour battre le record. Pour mettre toutes les chances de son côté, elle refuse même de se lever pour manger et David, Caro et moi en profitons pour nous payer une table au resto du camping. David se réconcilie avec la moussaka, Caro et moi découvrons la  » pastitsia  » (la même chose avec des macaronis à la place des aubergines). Alex refuse même la pastèque devant la tente. Bref, à 15h45, le record est en passe d’être battu et elle n’a toujours pas mis le nez hors de la tente…

Aux alentours de 17h, nous quittons le camping (Alex s’est levée, mais le voisin s’est recouché !) et comme il n’y a pas de bus avant un bon moment, nous tentons l’auto-stop. Peu de voitures passent sur le chemin qui mène au camp, mais par chance très vite une voiture s’arrête et nous embarque tous les quatre. Le conducteur est grec, parle bien l’anglais et propose de nous emmener. Il engage le dialogue et la discussion – en anglais – dure tout le voyage. Il nous raconte qu’il est mathématicien (un petit-fils d’Euclide ?) et qu’il donne des cours à domicile en attendant un hypothétique poste de prof. Nous lui expliquons notre voyage, nos situations respectives et il note avec intérêt que Caro est étudiante en maths ! Je poursuis le dialogue seul avec notre chauffeur, curieux et intéressé, qui n’hésite pas à me faire répéter pour être sûr de tout comprendre (« What ? WHAT ? »). Il nous dépose tout près du port, et nous le remercions d’un « efkaristo… » auquel il répond par un « pas de quoi… » (en français dans le texte).

Foire d’empoigne à la Portaria

 Naxos, voie d'accès à la Portaria

Naxos, voie d’accès à la Portaria

La ville de Chora, capitale de Naxos, son port, sa « Portaria », ses ruelles commerçantes et celles plus typiques s’offrent à nous…Avant de nous enfoncer dans la ville, nous nous payons un détour par l’immense portique en marbre (« Portaria ») qui domine le port. La chaussée qui mène à la colline est battue par les vagues, et il faut choisir le bon moment pour traverser, sinon c’est la douche assurée ! Au sommet, nous posons tous les quatre dans l’encadrement du portique, où un touriste français (encore un…) propose de nous photographier pour le cliché classique de chez classique.

Puis nous rejoignons les commerces qui débordent de touristes aux abords du port.

Caro mate toujours les bijouteries, dans l’espoir de me voir brandir ma Carte Bleue. David et moi jetons un œil glouton sur les cartes des tavernes, et l’ « octopus » (le poulpe qu’on voit sécher devant les tavernes, à déguster grillé ou en salade) paraît rudement appétissant. Mais avant de ripailler, l’heure est à l’événement puisque le soleil ne va pas tarder à se coucher à travers la Portaria, ce que le Routard considère comme un must, un spectacle incontournable. Les vagues n’ont pas faibli depuis tout à l’heure, et Alex se plaint d’avoir les pieds mouillés.

Bataille de photographes à la Portaria

Bataille de photographes à la Portaria

Il y a bien plus de monde que deux heures plus tôt , la grande foule est au rendez-vous, avec son cortège de photographes en tout genre. Les gens se bousculent pour obtenir le meilleur angle de vue (le coucher de soleil à travers la Portaria), interpellent les touristes qui viennent gâcher le tableau en s’interposant entre les bras du portique…Une véritable foire d’empoigne !

Pendant quelques minutes, c’est un véritable concert de déclencheurs d’appareils photo autour de nous. Quel cirque, et quel spectacle !

Naxos : la Portaria au coucher de soleil

Naxos : la Portaria au coucher de soleil

Cette fois le soleil a disparu pour de bon dans les brumes de l’horizon, la foule internationale se disperse. Pour nous, il est l’heure d’aller manger.

Plein la lampe, sous le nez des filles…

Alex n’a toujours pas faim, Caro est brassée : ce soir, ce sont les garçons qui choisissent le resto. Après avoir arpenté les rues de Chora en long, en large et en travers, nous tombons sur le menu idéal : Salade grecque (on ne s’en lasse pas), six  » cold appetizers  » (tzaziki, tarama, patates à l’ail, aubergines… et aussi un truc non identifié qui arrache !), suivi de  » meat balls with fried chips « , le tout accompagné d’un petit blanc de Naxos. L’octopus, ce sera pour une autre fois et David et moi savourons ce repas de roi. Pendant ce temps-là, Caro avale une salade grecque du bout des lèvres, Alex fait la tronche devant sa soupe de poisson… et nous nous en mettons plein la lampe, sans remords aucun ! Elles nous en voudront beaucoup de leur avoir ainsi mangé sous le nez…

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