« Mais de qui se moque-t-on ? »

  • Mercredi 5 août 1998 : vol Lyon-Satolas -> Santorin

15h55 – A l’heure qu’il est, nous pourrions être en train de survoler les Cyclades, à essayer de prendre des photos à travers les traces de doigts des hublots. Mais non, l’endroit est désespérément familier : le hall d’embarquement de Satolas, porte 40. Voilà bientôt sept heures (!) que nous avons pénétré dans cet aéroport, et je me dis que n’importe quel coucou aurait eu le temps de nous emmener très loin d’ici. Pourtant, malgré l’attente, je suis étrangement zen, m’amusant de la cohorte de mécontents agressant littéralement la responsable du tour-opérateur :
« – Mais de qui se moque-t-on ?
– De personne, monsieur… »

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Comme moi, Alex gratte dans son coin tandis que Caro et David se donnent des airs d’intellectuels en vacances, feuilletant respectivement Voici et Sciences et vie (un article ultra scientifique : comment fonctionne le sexe ?…). Les nouvelles nous parviennent au compte-gouttes et les hôtesses nous bichonnent tant qu’elles peuvent : après le petit déjeuner à 10h, nous sommes conviés à la cantine pour le repas de midi ! A cette occasion, David et moi remportons le premier pari du séjour (c’était du canard, pas de la pintade !). Conséquence : demain, si jamais on arrive, ce sont les filles qui paient à manger…
Pour tuer le temps, nous nous offrons une n-ième visite du duty-free, où une hôtesse au fort accent germanique nous vante les bienfaits du pastis (comme si c’était nécessaire !) :
 » – Vous aller en Grèce ? Là-bas, ouzo très spécial… Pour goûter, oui, mais vous pas être très copains… « 

Après une longue réflexion, et grâce aux conseils avisés de David, nous finissons par craquer pour une bouteille de 51 (avec son étui isotherme !). Au moins, si on ne peut pas se faire de nouveaux copains, on pourra toujours compter sur les anciens…

17h30 – Formidables, ces cachets de Cocculine contre le mal des transports : moi qui craint le car, le bateau, l’avion, là tout va pour le mieux. D’accord, on est toujours en salle d’embarquement, mais quand même !

Caravelle de la compagnie Air Toulouse International (CC-BY-SA)

Caravelle de la compagnie Air Toulouse International (CC-BY-SA)

David a envie d’appeler chez lui pour prévenir que nous sommes « bien arrivés à Santolas » (ou à Satorin, je ne sais plus très bien ). L’avion (de la compagnie Air Toulouse International) vient d’arriver de … Toulouse, où il était en réparation ! Quelque part, c’est rassurant qu’ils aient pris leur temps pour réparer. D’ici trois bons quarts d’heure, nous devrions décoller, pour arriver aux environs de minuit à Santorin. Avant le départ, je vais reprendre un cachet de Cocculine, moi.

« Want a room ? »

Il est 18h10 lorsque l’avion quitte enfin la piste de Satolas (au lieu des 11h30 prévus…). Le repas nous est servi après une (longue) série de (petites) perturbations . Caro me broie la main à chaque trou d’air tandis que David – imperturbable, lui ! – feuillette Libé pendant toute la durée du vol. A cause de l’escale à Mykonos (où il est conseillé aux hommes de bien rester assis au fond de leurs sièges ), nous devons encaisser en moins d’une heure, deux atterrissages et un décollage sur les minuscules pistes des îles. Mais peu après 23h (heure locale = heure Lyon + 1), ça y est : nous foulons le sol grec de l’aéroport !

En attendant les bagages, j’accompagne David qui va griller sa clope à l’extérieur. A peine a-t-on franchi la porte de sortie, qu’un autochtone nous aborde : « Want a room ? ». Les habitants grecs ont des chambres à louer, et ils le font savoir. Pris au dépourvu , nous baragouinons quelques questions pour tâter le terrain, avant de conclure d’un « we think about it… » qui se veut la traduction fidèle de « on va y penser ! ».

Finalement, c’est un taxi (profitant de notre naïveté de touriste débarquant pour nous extorquer 6000 drachmes, soit 120 francs pour une dizaine de kilomètres) qui nous mène au camping Caldera View où nous avons réservé. Et là, miracle ! A minuit, il est encore possible de passer par la réception avant de s’installer. Au moment de planter les tentes, Caro n’oublie pas de nous démontrer qu’elle a passé quinze ans chez les scouts, et le camp est très vite monté. Il fait nuit depuis bien longtemps, mais l’excitation l’emporte sur la fatigue et nous explorons les alentours du camping, serviettes de bain sur l’épaule, bien décidés à goûter la mer Egée ! Elle restera introuvable ce soir-là.

Crédits images : Écrire, by Yugiz via Wikimédia Commons (CC BY-SA) ; Air Toulouse (F-BMKS), by Ardfern via Wikimédia Commons (CC-BY-SA)

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