Le grand saut !

Le récit  – et les photos ! – d’une journée inoubliable entre potes… réunis pour un baptême de saut en parachute !
Photo exceptionnelle prise au cours de la chute libre, à 200 km/h !...

Photo exceptionnelle prise au cours de la chute libre, à 200 km/h !…

Corbas, lundi 16 juillet 2001

Ils ont sauté : Pat’ le warrior, Annie, Totogne, le Xav’, Patrick « Shadok », Yvan’s, Sylvain « Fauthoux », Lolo-Gaz’, Cy-real

«Tomber du ciel, à travers les nuages… »

Lundi 16 juillet 2001, 7h30, le Prénat, St Jean de Touslas – Je me réveille en douceur, au bout d’une nuit paisible… beaucoup plus que celle de Lolo, qui avouera avoir déjà sauté deux fois en rêve ! Je me lève excité et impatient pour constater que le soleil brille de mille feux : la météo semble favorable, on va pouvoir sauter !!

Au-rendez-vous du matin, sourires crispés pour gaz et Totogne

Au-rendez-vous du matin, sourires crispés pour gaz et Totogne

8h15, rue de Berry, St Andéol le Château – Au rendez-vous de départ, Totogne nous accueille avec un petit sourire crispé ; Annie et Patrick ‘Shadok’ vont griller une clope nerveusement dehors ; Lolo arrive avec un petit rictus au coin des lèvres – il a mal dormi ! Imperturbable, Xav’ trimbale son habituelle bonhommie et soigne un chien par téléphone ; quant à Yvan’s (le seul à avoir déjà sauté), fidéle à lui-même, il débarque avec un grand sourire en criant « ça va les spotes ? »

Quelques blagues sont lancées pour détendre l’atmosphère. Totogne : « j’ai espéré toute la nuit qu’il allait pleuvoir aujourd’hui, que ça allait être annulé.. mais là c’est râpé, il va falloir y aller !… » ; Patrick : « mais que diable sommes-nous venus faire dans cette galère ?? » ; Lolo : « je me suis pas rasé, ils le feront bien avant de me mettre dans le cercueil… »

Le grand saut de Pat’ le warrior et d’Annie

Sylvain, Lolo et Cyril devant le Pilatus Porter, le coucou qui doit nous emmener tout là-haut...

Sylvain, Lolo et Cyril devant le Pilatus Porter, le coucou qui doit nous emmener tout là-haut…

9h30, aérodrôme de Corbas, accueil – Pat ‘le warrior’ et Sylvain ‘la vermine’ nous ont rejoint : nous sommes 9, nous voilà au complet ; Nanie et Pascal sont venus filmer nos exploits aériens.
Nous avons droit à un rapide briefing sur le déroulement du saut : 15 minutes de coucou pour grimper à 3800 mètres d’altitude, ouverture de la porte et positionnement face au vide avec le moniteur solidement accroché dans le dos, le grand saut pour 50 secondes de chute libre à 200 km/h, déclenchement du parachute à 1500 mètres pour descendre ensuite tranquillement à 30 km/h pendant 5 ou 6 minutes et se poser en douceur au milieu de la grande cible en graviers… La petite vidéo qui suit le discours est assez impressionnante, mais il est désormais trop tard pour reculer !

Avant le saut, Pat' grimace pour évacuer la pression

Avant le saut, Pat’ grimace pour évacuer la pression

10h40, aérodrôme de Corbas, zone de réception – Pat’ et Annie sont les deux premiers volontaires : nous suivons du regard l’ascension du petit avion, pas toujours facilement repérable à près de 4000 mètres ! Il y a ceux qui le cherchent en permanence, ceux qui voient tout de suite le premier sauteur tomber de l’avion, ceux qui ne voient rien jusqu’à l’ouverture des parachutes, ceux qui confondent les tandems et les solos, il y en même qui sont capables de vous dire si le sauteur sourit ou grimace à 1500 mètres d’altitude !
Une vingtaine de minutes après le décollage, Pat’ puis Annie atterrissent en douceur sur l’aire de graviers : un peu pâlots car la voile a tourné et retourné pendant cinq minutes, mais il sont surtout « soufflés » (c’est le cas de le dire) par cette incroyable expérience. Un peu anxieux, nous écoutons avec attention le récit de leurs premières impressions… ce sera bientôt notre tour ! Emballé, Pat’ répète au moins vingt fois le mot « génial »…

Le grand saut de Totogne et Xav’

11h30, quelque part dans le ciel de Corbas –  Vient le tour de Totogne et Xav’. Notre Totogne national ne fait pas le fier : il a la trouille et il ne cherche pas à s’en cacher ! Mais nul besoin de le pousser pour monter dans l’avion : il se fait violence tout seul… Assis près de la porte, c’est lui qui se retrouve au bord du vide lorsqu’on ouvre une première fois à 1200 mètres pour laisser partir un sauteur en solo ! Qu’il est dur de le voir plonger ainsi dans le vide, surtout quand on sait qu’on devra bientôt faire pareil…

Xav n'avait jamais autant fléchi en 15 ans de basket...

Xav n’avait jamais autant fléchi en 15 ans de basket…

La porte est bien vite refermée, et pendant que l’avion poursuit son ascension, Xav’ essaie de détendre Totogne avec son humour habituel. Mais celui-ci se déride à peine, surveillant l’altimètre avec anxiété : 2000, 2500, 3000, 3500 mètres… Voyant l’échéance se rapprocher, il tente un ultime baroud d’honneur  en promettant 5000 balles si on lui permet d’éviter de sauter ! Peine perdue, évidemment… Il s’élance finalement comme tout le monde, ainsi que le Xav’ suivi comme son ombre par son cameran personnel. Totogne se pose le premier après une descente sans folies et termine radieux, heureux de retrouver la terre ferme, mais surtout fier de pouvoir dire qu’il y était, qu’il l’a fait !!

Quant au Xav’, filmé depuis le sol pour l’atterrissage, il est déséquilibré par une malencontreuse rafale de vent qui s’engouffre dans la voile au moment même où il touche terre… C’était sans doute pour la caméra !

Le grand saut de Patrick « Shadok » et d’Yvan’s

12h50, aérodrôme de Corbas, zone de réception – Patrick et Yvan’s ont été les suivants à embarquer. A peine quelques secondes après avoir quitté l’appareil, au tout début de sa chute libre, Patrick a perdu ses lunettes de protection ! Petite péripétie au milieu d’une grande émotion… Une fois les parachutes ouverts, Yvan’s et son moniteur viennent se glisser à sa hauteur. Yvan l’interpelle, lui demande comment ça va… Aucune réponse ! Encore sous le coup de l’immense sensation, Patrick reste sans voix. Quant à Yvan’s, il nous gratifie juste avant d’atterrir du même cri qu’il avait poussé 7 ans auparavant au moment de s’élancer du pont de Ponsonnas, pour le saut à l’élastique prévu à l’occasion de son enterrement de vie de garçon) : « Rock’n roll !! »

Le grand saut de Sylvain Fauthoux, de Lolo-Gaz’ et de Cy-real

13h20, aérodrôme de Corbas, salle de restaurant – Après trois rotations, le pilote et les moniteurs font une pause pour casser la croûte… Comme celui de Sylvain et de Lolo-Gaz’, mon saut est donc reporté en début d’après-midi… après le repas ! De peur d’être brassé au cours du saut et de tout restituer dans les airs, je décide dans un premier temps de ne pas manger, comme Lolo.
L’ambiance générale est assez détendue, il faut dire que tous ceux qui ont sauté font un peu les mariolles… Pas comme nous trois, encore un peu anxieux – et très impatients. Finalement, je me laisse convaincre par mon estomac qui crie famine, et je m’installe à table avec Sylvain. Lolo refuse toujours de manger, et va boire son petit coca dehors… une boironnetterie !

Deux Boiron pour soutenir la Vermine !

Deux Boiron pour soutenir la Vermine !

14h40, quelque part dans le ciel de Corbas – Sylvain, Lolo et moi avons pu monter ensemble dans l’appareil, puisqu’un troisième moniteur nous a rejoint. L’ambiance est bonne, l’excitation est là ! C’est Lolo et son vertige qui se retrouvent assis près de la porte comme Totogne précédemment ; lorsqu’on ouvre la porte à 1200 mètres pour le sauteur solo… Oulalalalala !!! C’est le vide absolu dans lequel notre parachutiste se jette avec un immense sourire face à nos visages crispés… Dans un soudain accès de conscience de ce qui l’attend, Lolo me demande : « J’ai été sympa comme frère ?… » Nous rions tous ensemble de bon cœur, mais la réalité nous rattrape très vite : 3800 mètres, c’est le moment de sauter !!
Le ciel s’est bien couvert depuis midi et l’appareil vole maintenant complétement au milieu des nuages : c’est l’idéal, nous allons pouvoir voler et transpercer les nuages ! Fixé derrière moi, Bernard, mon moniteur (qui se veut très rassurant et trés pédago, ça me plaît bien) me rappelle les consignes, et me donne le principe de base d’un saut réussi : « sourire, décontraction, plaisir »… Pffffffff, facile à dire !

2001-07-parachute-16

La vermine à l’atterrissage

Lolo et son ‘barbu’ sont les premiers à se positionner face au néant… et d’un coup pfffuit ! Je ne sais pas si vous réalisez bien ce que ça peut bien faire de voir son propre frère disparaître comme ça dans le vide… Mais je n’ai pas le temps de philosopher plus longtemps, c’est à mon tour ! Bizarrement, je trouve ce vide-là (dans lequel je ne vais tarder à plonger) presque moins impressionnant qu’à la première ouverture de porte à 1200 mètres. Le cœur s’emballe, c’est énorme ce qu’il se passe à ce moment-là ! « Allez, on y va ! » Le vide nous appelle irrémédiablement, nous avons plongé en effectuant un looping, Bernard me crie « regarde l’avion ! ». Sans plus aucun repères, je mets trois secondes pour le trouver et je nous vois nous éloigner de lui à une vitesse folle !! Après ? Je ne sais plus… Je me souviens des nuages autour de moi, de la force de l’air qui s’engouffre sur mon visage, de sensations inconnues, je me souviens m’être soufflé intérieurement « profite !… » Je me souviens d’avoir essayé d’ouvrir les yeux pour voir tout ce qu’il y avait à voir, mais je ne retrouve aucune image nette de ma chute… Je me souviens que Bernard m’a parlé, mais l’ai-je vraiment entendu ? Je me souviens que tout s’est soudain arrêté, et que je me suis demandé ce qu’il se passait. Bon sang mais c’est bien sûr ! Le parachute s’est ouvert, c’est que je l’avais complètement oublié celui-là !! J’étais si bien en train de tomber, j’avais eu le temps d’oublier que cela ne durerait que quelques dizaines de secondes…

Tout est calme désormais. Le bruit, le souffle, le défilement des images, tout s’est brusquement arrêté. « Alors, ça va ? » me demande Bernard. J’éclate de rire pour mieux tout évacuer, je suis complètement ivre !! Je ris et je souris, les seules choses que je sois capable de prononcer sont « j’ai rien compris… » et « c’est trop fort ! » Les cinq minutes de vol ne sont que du bonheur, au cours desquelles je revis dix fois les quelques secondes de chute qui ont précédé. Je m’offre une descente tranquille, sur les conseils de Totogne, pour mieux profiter et savourer l’instant : la vue sur la région lyonnaise est superbe, je suis bien, et je viens de sauter en parachute…

Lolo et Sylvain se sont déjà posés ; j’arrive le dernier et Bernard me glisse à l’oreille : « tu vas voir, on va effrayer tes amis à l’arrivée , on va les faire courir un peu… » Et il nous dirige droit sur eux pour l’atterrissage ! Dommage pour Pascal en train de filmer, qui se retrouve prisonnier des fils du parachute !…

15h00, aérodrôme de Corbas, zone de réception – Je reste un instant sonné par l’intensité de ce que je viens de vivre en quelques secondes, quelques minutes : du concentré de vie à l’état pur ! Tout le monde a le sourire, et se félicite d’avoir participé à cette aventure humaine organisée par une bande de potes. Chacun savoure son exploit, à l’image de Totogne qui regarde le ciel en ayant l’air de penser : « putain, je pourrais dire que j’y étais, que je l’ai fait ! C’est trop bon… » Nous quittons l’aérodrôme. Lolo mange enfin…

2001-07-parachute-21-totogne-ferrari

Totogne préfère la Ferrari au karting (il a bien raison)

16h00, karting de Corbas – Autre sensation pour bien finir la journée : un petit tour de karting sur le circuit situé à un kilomètre de l’aérodrôme…  Difficile de s’enthousiasmer de la même manière pour un p’tit tour de manège après avoir connu l’émotion extrême ! Comme Yvan’s, je m’offre deux têtes à queue qui achèvent de me démotiver… Je termine en roue libre, je n’ai jamais eu l’âme d’un fou du volant. Bof, le kart !

18h00, rue de Berry, St Andéol le Château – Retour à la case départ, et coup de fatigue en cette fin d’après-midi : malgré une bonne tête dans la piscine et deux tartines de Nutella, je me sens vidé, épuisé nerveusement. Il y a eu l’attente, puis l’émotion… voici le contrecoup ! Mais au milieu des potes, je savoure encore : je regarde le ciel avec Totogne… « On y était, on l’a fait ! »

« L’instant est béni, le reste est souvenirs… »

Y’a rien là ?!……

Et pour tenter l’aventure…

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