Épilogue : le coeur vibrant, être vivant

  • Dimanche 15 août 1999, vol Marrakech – Paris
Palmier

Palmier

Comme un an auparavant, je ne peux pas rester couché ce dernier matin : il ne nous reste qu’une demi-journée et j’ai envie qu’elle soit la plus longue possible. C’est maintenant qu’il faut profiter… Tout commence par le rituel matinal : Caro reste au lit le temps que j’accomplisse mes devoirs de vacances (footing, étirements et petite séance muscu), puis je viens la récupérer pour aller à la piscine, où je me prélasse après l’effort pendant qu’elle fait ses longueurs et répète ses enchaînements de natation synchronisée. Douche puis bonheur du petit déjeuner : une journée qui commence comme celle-là ne peut pas être une mauvaise journée…

La matinée, passée entre piscine et rangement des sacs passe bien trop vite. Avant le départ de l’hôtel, Caro a rapporté un petit souvenir du Maroc : un magnifique tatouage au henné en forme d’arabesque. Mais nous voilà déjà dans le car qui nous conduit à l’aéroport… Et pour une fois, les choses semblent se dérouler comme prévu : enregistrement des bagages, embarquement, et l’avion qui s’élance sur la piste à l’heure prévue. Mais alors que nous sommes en pleine phase d’accélération sur la piste, les moteurs sont soudainement privés de puissance et notre appareil freine brusquement ! Faux départ… Le commandant de bord prend la parole :  » Mesdames et messieurs nous nous excusons pour cet incident, nous avons un problème qui semble être une perte de puissance ponctuelle au moteur numéro 4… Nous nous dirigeons vers la zone technique pour faire des essais.  » Quelques vingt minutes plus tard, et après des essais a priori concluants (mais ça n’a rien de vraiment rassurant un essai de moteur d’avion, ça monte en régime et puis ça s’arrête sans qu’on sache si c’est dû à une panne ou à une manœuvre du pilote), l’avion se remet en place en début de piste et s’élance à nouveau. Une petite angoisse me reprend au moment même où nous quittons la piste : il ne faudrait pas que le moteur 4 nous plante de nouveau maintenant que nous avons décollé !

Après 2h30 d’un voyage sans le moindre trou d’air au-dessus de Gibraltar (malheureusement un peu voilé… j’aurais dû prendre les photos à l’aller !), Biarritz et Paris, nous nous posons sans encombres à Orly vers vingt heures. Caro est la première à fouler le sol français, et quelques minutes plus tard, nous nous retrouvons avec nos sacs sur le dos au moment des adieux avec nos compagnons de voyage… Au revoir Pierre-Yves et Sophie, au revoir Perrine et la famille Gourlay, au revoir Christophe et Gaëlle, Florence et Laurent : c’était top ces deux semaines avec vous ! Chacun sa route, chacun son chemin…

Notre véhicule personnel est avancé : Laurence, la sœur de Caro, a eu la bonne idée de venir nous chercher pour nous éviter la galère des transports parisiens un dimanche soir… Il fait sombre, le temps est gris et frais : le retour sur terre est difficile ! Sur le trajet de l’autoroute, je trouve les immeubles de banlieue encore plus moches que d’habitude et je suis agressé par la vision de ces énormes panneaux publicitaires lumineux en néon. Le Maroc me semble déjà si loin…

Nous avons pourtant des souvenirs et des images plein la tête – et des photos plein l’appareil. A l’heure du bilan, Caro est aux anges : elle vient de réaliser l’un de ses rêves, elle a vu le Maroc sous toutes ses coutures et n’est pas déçue par notre superbe périple : deux semaines en amoureux sans anicroche, dans un environnement privilégié, entre visites surprenantes, décors inattendus et hôtels presque trop biens pour nous… Grâce à elle, j’aurais pour ma part vécu deux semaines de rêve à la découverte de ce magique royaume marocain, et je reviens un peu plus riche de la culture extraordinaire et de l’histoire passionnante d’un pays unique.

Mais voilà, c’est fini !  » L’instant est béni, le reste est souvenirs…  » Que me restera-t-il de ce voyage ? J’ai déjà oublié les coups de gueule que j’ai pu pousser dans un moment d’égarement, je relirai sans doute les anecdotes que j’ai notées par souci du détail, je me souviendrai un jour de la saveur de tous les mets délicieux qui m’ont marqué parmi tant d’autres, je retrouverai sur les photos ou à travers ces lignes les visages des gens (autochtones et compagnons de voyage) qui auront partagé ces heures marocaines… Je garde en tous cas pour toujours au fond de moi mes coups de cœur, chargés d’émotion, de joie et de bonheur : des monuments (la mosquée Hassan II, le Mausolée Mohammed V, Héri es Souani…), des ambiances (Jemaa el Fna, la grotte de Bahlil, les souks de Fès, la fantasia  » Chez Ali « , Essaouira…), des décors fabuleux (Gibraltar vu d’avion, les gorges du Ziz, le désert saharien comme dans le Petit Prince…) et aussi un tapis, une danseuse du ventre, une baignade dans l’Atlantique, et le regard souriant de Perrine sur Rockollection… Oui, le cœur a vibré réellement pendant ces deux semaines passées bien trop rapidement ! Je n’oublierai jamais tout ce que j’ai vécu là-bas, c’est à moi, personne ne pourra m’enlever ces instants si rares où on a le sentiment d’exister vraiment… Salaam malikoum, Morocco !

Celui qui vit dans ce monde
sans ivresse permanente
n’a pas de vie…

Cyril le gazou – août 1999

« Un karaoké à Marrakech

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*