Un karaoké à Marrakech

  • La journée : samedi 14 août 1999, Marrakech
Une entrée des souks de Marrakech

Une entrée des souks de Marrakech

Le matin, ultime escapade à deux en amoureux dans les souks de Marrakech et sur la place Jemaa el Fna pour les derniers achats et k-dos (et les dernières opérations de marchandage). Repas le midi à l’hôtel. L’après-midi, sieste et corvée de cartes postales puis balade dans Guéliz, la ville nouvelle de Marrakech (pâtisserie traditionnelle Al Jawda, « l’une des meilleures du Maroc » dixit le Routard). En soirée, repas à l’hôtel puis soirée karaoké au « Cotton Club », discothèque de l’hôtel. Nuit à l’hôtel Paladien Tropicana de Marrakech.

  • Le truc à voir

Les souks de Marrakech, à voir et à revoir… pour le plaisir de baigner dans cette fourmilière extraordinaire, que l’on a l’impression de redécouvrir à chaque visite. Que ce soit à Marrakech, à Fès ou à Essaouira, on y retrouve toujours cette atmosphère particulière et pourtant aucune ruelle n’est semblable à une autre. Un labyrinthe fabuleux, dans lequel on trouve petit à petit ses repères, dont je garderais un souvenir impérissable. C’est d’autant plus agréable quand on s’y ballade à deux en amoureux plutôt qu’avec un groupe de cinquante !

  • Le coup de cœur…

…pour Perrine, sa voix, sa spontanéité et sa joie de vivre. Reine du karaoké, son interprétation de Balavoine (Mon fils, ma bataille) et de France Gall (Résiste) en a impressionné plus d’un et m’a laissé sous le charme.

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Si on t’organise une vie bien dirigée, où tu t’oublieras vite
Si on te fait danser sur une musique sans âme,
Comme un amour qu’on quitte
Si tu réalises que la vie n’est pas là
Que le matin tu te lèves sans savoir où tu vas
Résiste ! Prouve que tu existes !
Cherche ton bonheur partout, va, refuse ce monde égoïste
Résiste ! Suis ton cœur qui insiste !
Ce monde n’est pas le tien, viens, bats-toi, signe et persiste
Résiste…

Des paroles qu’elle devra savoir méditer pour ne rien perdre de ce qu’elle est…

  • Le coup de gueule…

…contre cette interminable séance de cartes postales rejetée en cette veille de départ, par manque de temps (ou bien était-ce par flemme ou par manque d’organisation… ?). 28 cartes à envoyer, merci la famille et les copains de me gâcher mon dernier après-midi du voyage !

  • Portraits d’autochtones

Les marrakchis qui accompagnent notre voyage en bus jusqu’à la place Jemaa el Fna, pour notre dernière sortie avec la population locale. Un véritable bonheur, cette immersion de quinze jours au cœur du peuple marocain, ce contact quotidien avec les autochtones et ces vrais échanges à l’occasion d’une visite, d’un achat…

  • Le régal du jour

… en forme de coup de gueule. Pas de régal du jour aujourd’hui, parce que j’en ai marre de bouffer ! Jeudi soir festin à la fantasia, vendredi midi resto à Essaouira, vendredi soir buffet interminable à l’hôtel, samedi midi re-buffet interminable à l’hôtel, samedi soir re-re-buffet interminable à l’hôtel… « J’ai dit STOP ! Arrêtez, comme on dit vulgairement, j’ai les dents du fond qui baignent. » (Bedos)

Marre des restos 4 étoiles, marre des buffets où on a trop envie de goûter à tout pour le plaisir de la bouche, marre de savourer ces plats de viande et de poissons épicés et délicieux, marre de passer une heure et demi à table tous les soirs ! Vivement le retour au pays, les pizzas au micro-ondes et les nouilles cuites en trois minutes qu’on déguste avec du ketchup devant la téloche !

  • L’anecdote

La scène se passe dans la chambre de l’hôtel en soirée, à la fin d’une chaude journée ensoleillée. En ouvrant la porte-fenêtre qui donne sur la terrasse, Caro s’arrête nette devant une vision d’hallucination : « Il pleut !… Viens voir, Cyril, il pleut, c’est le délire ! » Et effectivement, les gouttes à travers la lumière du lampadaire, le bruit de l’eau sur les feuilles de palmier, on y aurait presque cru. Si le jardin n’avait pas été équipé de l’arrosage automatique…

  • Voyage et gens du voyage
Karaoké Cotton club

Karaoké Cotton club

Dernière soirée karaoké. Une soirée qu’on a envie de partager avec tous ceux qui nous ont permis de passer des bons moments au cours de ces quinze jours de voyage, et qui prennent plaisir à se retrouver, sentant la fin de l’aventure proche… Il y a une bonne vingtaine de personnes du groupe dans la discothèque de l’hôtel pour la soirée karaoké qui s’annonce. Monique la lyonnaise lance la soirée avec  » Capri c’est fini « , Pierre-Yves et Jean-Pierre (le père de Perrine) entonnent  » Mexico » et je finis par squatter le micro en solo (« Comme ils disent » d’Aznavour) ou en duo : « New York avec toi » avec Pierre-Yves, « La dernière séance » et « Est-ce que tu viens pour les vacances ? » bras dessus-bras dessous avec Christophe, avant de conclure la soirée en fanfare par l’incontournable Rockollection, interprété en duo complice et privilégié avec Perrine !

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Un autre récit de la soirée…

L’intro musicale démarra. Toutes les conditions étaient réunies pour vivre un vrai petit moment de bonheur ; je n’aurais pourtant pas imaginé connaître une émotion aussi intense et un tel vertige intérieur le temps d’une chanson. Les quatre minutes que durèrent notre duo allaient être de celles qui vous accompagnent toute une vie.

Bien sûr, il fallait se concentrer un peu, être attentif aux départs de chant et au défilement du texte. Mais je connaissais les paroles par coeur et plutôt que de passer la chanson face à un écran, je préférai partager ce moment avec Manon. Je n’avais que mon sourire à lui offrir, et je cherchai à capter son regard en permanence. Elle arborait également un sourire immense qui me donna confiance. Mais ses yeux ne cessaient de me déstabiliser et comme chat et souris, je m’en détournais systématiquement pour mieux les retrouver. J’étais incapable de soutenir les regards et les sourires qu’elle m’envoyait, je mourais pourtant d’envie de la fixer et de ne me plus me détacher d’elle !… Je mettais mon cœur dans chaque mot de la chanson, pour qu’elle m’entende et me réponde, pour exprimer toute la passion qui m’animait alors. Je savais que je vivais un instant rare, éphémère… Je faisais tout pour le rendre plus magique et plus intense encore.

Et Manon me répondait… Dans les regards qu’elle me lançait avec ses yeux pétillants, il y avait plus de passion que jamais. Son immense sourire traduisait un bonheur authentique, qu’elle me faisait partager. Sa voix me provoquait, m’encourageait, me forçait à donner le meilleur de moi-même…

Quand la chanson se termina, c’était comme si nous étions seuls au monde. Nous partîmes simultanément dans un éclat de rire, pour mieux évacuer toute cette émotion. Je me sentais ivre, totalement saoulé de sourires, de bonheur et de plaisir… Je touchai un sommet de bien-être qu’on ne peut atteindre qu’en de très rares occasions. Pour le faire partager à Manon, je m’approchai d’elle et lui collai un énorme bisou sur la joue, qu’elle me rendit avec un sourire large comme une banane. Je la remerciai encore, sans trouver les mots pour lui dire à quel point j’avais aimé… Nos regards se croisèrent une dernière fois. Les ovations de notre groupe me rappelèrent brutalement à la réalité.

(Cy-real, En attendant Manon)

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