Course aux souvenirs dans Thira

  • Mercredi 19 août 1998, vol retour Santorin > Lyon

Comme le jour du départ, je suis réveillé très tôt. Il est 7h30, et j’ai très envie que cette journée soit la plus longue possible. C’est qu’il y en a des choses à faire au cours de ces quelques heures qui nous séparent du départ : l’ultime rangement, la piscine, la course aux souvenirs, rejoindre l’aéroport… Je profite du calme du matin pour avancer le journal de bord : à quelques heures de la fin du séjour, j’ai encore trois jours de retard que je dois impérativement rattraper. Caro dort encore lorsque j’attrape le porte-monnaie pour les courses du petit-dej’. Sur le trajet, une voix m’interpelle :  » Monsieur Boiron ?! « . C’est David qui me nargue de la piscine. L’instant est historique : pour la première fois en quinze jours, David et Alex se sont levés avant Caro !

Quelques minutes après, nous nous retrouvons tous les quatre dans la piscine. Il est à peine 9h et nous sommes seuls… ce qui est appréciable. Après un ultime petit dej’ (où je me dévoue pour finir le pot de Merenda), l’opération  » pliage – rangement  » est rondement menée.

Nous laissons les sacs à l’entrée du camp et rejoignons le centre touristique de Thira. Après une première escale commune dans une cave de Santorin, nous nous séparons et chacun a tout loisir d’arpenter les ruelles à la recherche des boutiques qui l’intéressent. David et Alex farfouillent les ateliers de peinture à la recherche d’une toile. Caro reprend sa mine de malheureuse devant les vitrines des bijouteries ( » J’en ai marre, y’a trop de bijoux originaux qu’on trouve pas chez nous. Mais de toute façon, je sais bien que je vais rien acheter. Ouinn ! !… »). De mon côté, je n’oublie pas d’enrichir ma collection de tee-shirts  » Hard Rock Cafe  » en m’offrant celui de Santorin.

Santrorin : la caldera

Santrorin : la caldera

Au rendez-vous  » Gyros Sandwich « , David et Alex nous attendent : il a fallu négocier le prix de la bague de Caro, qu’elle ne manque pas d’admirer en la sortant de sa boîte toutes les dix-huit secondes. C’est la fin du voyage, nous récupérons les sacs à dos et embarquons dans le bus pour l’aéroport. Celui-ci est presque plein mais les gens sont en maillot de bain et n’ont pas de sacs à dos…Et pour cause ! Nous sommes les quatre seuls clampins à descendre à l’aéroport, tandis que le bus poursuit sa route vers la plage de Monolithos… Ah ! L’aéroport minuscule de Santorin… Les souvenirs de notre arrivée ressurgissent (« Want a room ?« , le taxi à 6000 drachmes, la piste courte…).

De nombreux passagers qui avaient fait le trajet aller avec nous sont déjà là, notamment les quatre jeunes originaires de Clermont que nous n’avons cessé de croiser à travers les îles. On nous avait annoncé le départ à 17h10, il est affiché à 17h40 lorsque nous consultons les écrans. Un peu plus tard, le décollage est encore retardé d’une heure… Le départ galère de Satolas nous revient tous en mémoire ! Pour passer le temps, chacun s’occupe comme il peut : Caro est à l’heure de la sieste, David s’amuse à attacher les lacets d’Alex entre eux pendant que celle-ci mange des bonbons en lisant…

Le Laguiole de David confisqué à la douane !

Nous finissons par rejoindre la salle d’embarquement. Alex et Caro passent sans problème au contrôle, tandis que David et moi sommes retenus quelques instants pour une anomalie détectée dans un bagage… Je m’inquiète un instant puisque, dissimulées dans plusieurs épaisseurs de pull, ce ne sont pas moins de sept demi-bouteilles de vin de Santorin que je transporte pour Caro et moi… Quel trafic ! Après avoir renoncé à déballer le savant emballage, les douaniers me demandent de le repasser une seconde fois aux rayons X… Je suis finalement innocenté, puisque l’objet du délit a été identifié : il s’agit du couteau Laguiole de David, dissimulé dans sa banane… Celui-ci est immédiatement saisi par les agents et David est emmené par une charmante douanière. Très zen, il n’oublie pas de me dire au revoir en me faisant signe des deux mains… Notre criminel nous rejoint au bout de trois minutes, un ticket de consigne à la main. On lui a confisqué son Laguiole, ce splendide couteau qui nous a rendu tant de services pendant 15 jours, pour couper le pain, le melon, pour tartiner le Merenda, pour piquer la feta… Il lui sera rendu à l’arrivée à Satolas.
Escale surprise à Nice

J’appelle une seconde fois ma mère pour lui signaler une heure de retard au moins… L’avion  » Air Toulouse International  » est sur la piste, à priori tout devrait s’enchaîner plus vite qu’à l’aller. Des passagers pour Athènes décollent avant nous, et il est environ 18h45 lorsque nous rejoignons notre avion. Enfin tous installés, le pilote n’oublie pas de nous souhaiter la  » Bienvenue à bord de ce Boeing 737 à destination de Lyon-Satolas…  » avant d’enchaîner par :  » Comme la piste est très courte ici à Santorin et que l’avion est plein, nous avons dû limiter le chargement en carburant et nous serons contraints d’effectuer une escale à Nice afin de procéder à un ravitaillement en kérosène… « . Personne ne croit vraiment à cette explication et beaucoup de gens soupirent et rouspètent, d’autant plus lorsque qu’on nous apprend que la demande d’atterrissage à Nice vient seulement d’être faite et qu’il faut attendre le feu vert. Merci Air Toulouse International ! ! Le temps de l’escale et du renflouement, nous arriverons dans le meilleur des cas vers 22h (heure locale) à Lyon au lieu de 19h prévu initialement…

Thira vu de l'avion... bye bye Santorin

Thira vu de l’avion… bye bye Santorin

A 19h15, heure de Santorin (heure française + 1), l’avion s’élance sur la courte piste de l’aéroport. Le décollage est brusque mais je ne tarde pas à coller mon nez sur le hublot pour profiter de la vue. Et quelle vue ! Je me hasarde à prendre quelques photos pour le fun, puisqu’il s’agit de finir la pellicule. Nous nous élevons au-dessus de Santorin et je suis sous le charme. J’ai eu un véritable coup de cœur pour cette île aux attraits si particuliers, au cadre si imposant. Le volcan s’éloigne, tout n’est bientôt plus que mer… mais au bout de quelques minutes, de nouvelles îles apparaissent. Je ne tarde pas à sortir la carte du Routard, et tout en évaluant notre trajectoire, je parviens à reconnaître les îles grâce à leur forme : Folegandros, îlot sauvage mais envahi de touristes ; Milo, où fut découverte la fameuse Vénus… Mais nous continuons à prendre de l’altitude, le temps est moins clair et il devient difficile de distinguer la terre de la mer entre les nuages.

Aucune perturbation, aucun trou d’air important ne viennent troubler la bonne marche de l’appareil. Caro finit par se décontracter en tchatchant tout le long du voyage avec son voisin grenoblois. David et Alex sont quelques rangs derrière. Alex réclame un autre livre, elle a fini le sien. Une collation nous est servie : sandwich de nain, gâteau minuscule et jus d’orange. C’est une bonne nouvelle puisque notre vol devant se terminer vers 19h, aucun autre repas n’est prévu ! Les derniers drachmes que Caro a dépensé en « Tuc » à l’aéroport n’ont pas été dépensés inutilement… Pour survivre, en cas de besoin, nous disposons aussi de feta ainsi que de sept bouteilles de vin !…

« C’est un peu la fin de notre histoire… »

Le timing est respecté : l’escale à Nice se déroule comme prévu et nous nous posons sans encombre à Satolas. Il est 22h30, voilà deux heures que mon paternel fait le poireau dans le hall de l’aéroport. Il devra attendre encore trente minutes que nous récupérions nos bagages, qui sortent les derniers, bien moins vite que dans le minuscule aéroport de Santorin. Caro manifeste son plaisir de retrouver le plancher des vaches ( » Chouette, la terre ferme ! « ) et réclame une ultime photo du quatuor cycladique, avec sacs à dos et tout le tralala, dans le hall de Satolas… Nous nous quittons après deux semaines de vie commune très intense, et c’est avec un pincement au cœur que chacun rentre chez soi. Mais à peine rentré, nostalgique, je fais tout pour éviter de rompre le charme trop brutalement : je feuillette un livre de photos des Cyclades, je relis quelques pages du journal de bord, et puis j’insère la cassette du Grand Bleu dans le magnétoscope, devant laquelle je ne tarde à m’endormir, la tête pleine d’îles magnifiques, de villages pittoresques, et de nuits sur la plage…

« La boucle est bouclée

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