La boucle est bouclée

  • Mardi 18 août 1998, Santorin
Santorin : Oia

Santorin : Oia

Après un réveil  » échelonné  » (comme en colo, pour respecter les rythmes de chacun) entre 10h30 (Cyril) et midi (Alex), chacun vaque à ses occupations : douche, piscine, courses , vaisselles des pâtes d’il y a trois jours… Nous nous retrouvons autour d’une table dans la  » cooking place  » pour notre ultime séance de pâtes au butagaz, précédée d’une salade russe qui, comme son nom ne l’indique pas, est bel et bien une spécialité grecque. Caro repart à la sieste, David et Alex s’offrent une nouvelle tranche de piscine tandis que je me replonge dans le journal de bord. Vers 16h, nous partons à l’aventure pour visiter Oia (Ia), le village le plus au nord de l’île. Moins touristique que Thira, Oia est éblouissante et je ne me lasse toujours pas de la vue sur la caldera, des maisons blanchies à la chaux, des chapelles au dôme bleu, des ruelles qui montent et qui descendent… Je sais que tout ce qui s’offre à ma vue à ce moment-là est éphémère, et que, dans 24h, nous reprenons l’avion pour Satolas !

Santorin : moins touristique que Thira, Oia est éblouissante

Santorin : moins touristique que Thira, Oia est éblouissante

Dernière baignade à Oia

Dernière baignade à Oia

Bien décidés à piquer une ultime tête dans la mer Egée, nous descendons vers le port d’Ammoudi. La descente ressemble aux 387 marches qui mènent au vieux port de Thira, avec quand même moins de marches (mais elles sont plus hautes !). Au port, un pêcheur vide le poisson devant une taverne, la friture frétille encore dans l’eau, les odeurs de poisson grillé embaument l’air ambiant. Nous longeons la falaise jusqu’à une crique aménagée dans les rochers. Le vent est frais, mais ce n’est pas un petit meltem qui va nous retenir ! Et hop, je m’élance d’un rocher, bientôt imité par David puis par Alex qui se laisse tenter. Caro n’oublie pas de prendre les photos qui immortalisent l’instant. Entre notre première baignade, sur la Caldera Beach, et celle-ci entre les rochers et les îlots, la boucle est bouclée. Nous pouvons quitter la mer Egée (qui est décidément très salée) avec le sentiment d’en avoir bien profité.

Ce soir, c’est Carnaval !

Comblés et parfaitement décontractés, nous attaquons la remontée vers Oia par les marches infernales. Plusieurs fois, nous manquons de nous faire renverser par quatre ou cinq mulets qui dévalent la pente à toute allure…

Cathédrale à Oia

Cathédrale à Oia

Au sommet, le soleil descend sur la mer petit à petit, et les cathédrales prennent des couleurs chatoyantes. Le chemin qui surplombe la falaise est anormalement circulé. Un attroupement se forme, les gens s’assoient sur le muret face au soleil qui se couche sur la caldera. Les touristes sortent par centaines des ruelles pour se concentrer sur le bord de mer. Le soleil est encore très haut, il ne devrait pas se coucher avant une heure… « Je ne sais pas vous, mais j’ai vraiment l’impression de rater quelque chose » dit David. On dirait que les gens attendent un événement rare… mais lequel ? Hormis le coucher de soleil sur la mer, il n’y a rien à voir qui puisse immobiliser une telle foule. C’est encore pire qu’à la Portaria de Naxos…

gr-1998-resto-blue-sky-oiaDe notre côté, quinze jours dans les Cyclades ont fini par nous blaser des couchers de soleil (!) et nous fuyons la foule en nous mettant en quête d’un restaurant. Pour le dernier soir, c’est Carnaval ! Et nous sommes bien décidés à tous nous régaler une ultime fois des spécialités locales. Mais il est plus difficile de trouver une taverne ou un resto qui parvienne à satisfaire les envies de tout le monde pour des raisons de choix gastronomiques… et de budget. Et alors que nous sommes sur le point de prendre le bus pour Thira, le restaurant « Blue Sky » nous séduit et nous nous installons.

A l’apéro, je commande une « ouzo caraffe », histoire là aussi de boucler la boucle depuis la première gorgée à Akrotiri. Alex goûte un vin local, Caro reste fidèle au « fresh orange juice ». Perdus dans les méandres d’une carte greco-anglaise pas toujours explicite, le serveur (qui a dû abuser de la moussaka dans sa jeunesse…) perd patience et, pour nous aider dans nos choix, nous propose d’aller faire un tour en cuisine, histoire de voir ce qu’il s’y prépare…

A la vue des plats, Caro n’hésite pas une seconde : ce sera aubergines farcies et calamars farcis à la feta. Alex reste fidèle à la salade grecque, David et moi au tzaziki. Ensuite, David et Alex choisissent le traditionnel souvlaki (brochettes), accompagné d’une assiette de petits légumes mitonnés avec amour. Quant à moi, je suis toujours le verre d’ouzo à la main et le nez dans la carte quand le serveur revient prendre la commande pour la troisième fois. Pas de friture, hélas ! Pour combler mon envie de poisson, le serveur m’emmène une nouvelle fois en cuisine et c’est sous mes yeux ébahis qu’il choisit une belle daurade…qui finira dans mon assiette quelques minutes plus tard.

Pour patienter, je n’oublie pas de commander une bouteille de Santo Restina, le vin local si typique (puisque, je vous le rappelle, ce soir, c’est Carnaval, on se lâche et on craque les drachmes !). Tout le monde s’en met plein la lampe, les papilles gustatives en éveil. La petite musique grecque en fond sonore ne gâche rien au tableau : face à nous, la caldera, Oia illuminée et au fond, plus loin, Thira nous fait de l’œil… Chacun de nous semble apprécier au plus haut point ces derniers instants qui clôturent de fort belle façon deux semaines de rêve.

Le baklavas de chez  » Minim’s « 

Sur un coup de folie, nous osons même demander la carte des desserts. Hélas, il n’y a plus de baklava, ce mystérieux dessert grec qui apparaît dans toutes les cartes mais dont nous ne savons absolument rien. Nous quittons le « Blue Sky » rassasiés, mais une douceur finale aurait été la bienvenue… N’écoutant que notre gourmandise, nous n’avons aucune peine à retrouver le chemin de chez Minim’s, une pâtisserie grecque située quelques dizaines de mètres plus loin. La vitrine est un délice pour les yeux, le patron (qui parle français) nous fait le détail. « Baklavas, c’est feuilleté miel-amandes… ». Adjugé ! Nous nous posons dans une rue déserte à l’écart des touristes pour déguster ces somptueux gâteaux. Ce petit moment de plaisir entre nous est le top du summum de la soirée. Mais il est tard et nous devons rejoindre la bus station pour ne pas gâcher la fête en devant effectuer les 10 km à pied jusqu’à Thira ! Et ce soir-là, nous nous sommes couchés le sourire aux lèvres, l’estomac bien rempli, des souvenirs plein la tête, des images pleins les yeux avant de plonger dans notre dernier sommeil grec…

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