Nouvel accueil sauvage à Parikia

  • Lundi 17 août 1998, de Paros à Santorin en ferry

Il est environ 10h lorsque nous débarquons à Paros, où nous renouons avec la tradition de l’accueil sauvage : « rooms ! », « camping ! », les grecs n’hésitant jamais à vous mettre leurs prospectus sous le nez ou à essayer de vous convaincre en marchant à vos côtés… Mais ce jour-là, nous ne nous mettons en quête d’aucun logement puisque Paros n’est qu’une escale : le soir même à 23h30, un ferry doit nous ramener à Santorin, notre première destination.

Nous nous débarrassons de nos sacs à dos à la première consigne (« left luggage ») et Caro se replonge dans le Routard pour nous permettre de découvrir les trésors de Parikia, port-capitale de l’île. Elle nous mène à la découverte des chapelles, des ruelles, de la  » rivière asséchée  » qui coupe la ville en deux et surtout de la somptueuse église Panaghia Ekatontapiliani : marbre, icônes, vestiges de fresques…

A nous les scooters !

En chemin, David et Alex flashent devant une location de scooters, et l’idée les obsède peu à peu. Comme moi, après toutes ces heures de bateau, Caro a plutôt envie de sentir le terre ferme sous ses pieds et pour l’instant, notre premier souci est de nous restaurer.

Un sandwich grec sur le pouce et un détour apprécié chez le glacier (ah la mangue ! ah la pomme-cannelle !) et Alex et David reviennent à la charge avec leurs scooters. Nous n’avons que quelques heures devant nous, et ce pourrait bien être là le meilleur moyen d’en voir le plus possible… Bref, nous faisons le tour des locations histoire d’avoir une idée plus précise de la chose. Le premier a trop une tête de mafioso pour être honnête ; le second propose des tarifs prohibitifs ; le troisième… Bref, nous commençons à hésiter et à faire une croix sur nos scooters (parce que je m’étais bien fait à l’idée, moi !).  » Ca ne vaut pas le coup, on va à la plage ?  » lance David qui quelques secondes auparavant se voyait sur son terrible engin faire du cent et du zéro. Une ultime location pour voir…  » Forget-me-not, the best bikes at the best prices ! « . Et puis, sur un coup de tête, « Allez, on y va ! ».

Et nous voilà partis sur nos furieuses machines, à l’assaut des routes de Paros… Au bout de quelques kilomètres, le motorbike est domestiqué. Caro se cramponne à moi, Alex file cheveux au vent derrière David qui ne supporte pas de ne pas faire la course en tête. De Parikia, nous avons projeté une boucle dans le nord de l’île. Nous rejoignons le bord de mer et les paysages défilent devant nous. Pour une fois, nous ne dépendons pas des bus, nous avons le choix de l’itinéraire et de la vitesse, c’est appréciable ! Des planches à voile filent sur une plage, David s’arrête pour qu’Alex rêve encore un peu…

Parvenus au village de Naoussa, nous laissons nos scoots pour flâner sur le port et dans les ruelles. Au-dessus des terrasses, l’ « octopus » ( le poulpe) est en train de sécher… Alex nous en parle depuis le premier jour, et nous avons tous une folle envie d’y goûter ! Le petit port est typique, très traditionnel et nous décidons d’y revenir dans la soirée afin de goûter à l’octopus : on ne trouvera pas de meilleur cadre.

De Naoussa, nous continuons notre route vers le nord de l’île. Objectif suivant : la plage Santa Maria, une grande plage de sable blanc, qui donne sur la ville de Naxos située sur l’île en face où nous étions quelques jours plus tôt. Avant de repartir, Caro et Alex jouent aux  » folles du guidon  » en essayant les scooters sur le parking de la plage… sans casse et sans bobos ! Impatient de reprendre les commandes, David met les gaz quand nous repartons en direction de Lefkes. La route s’élève, les points de vue sont surprenants.

Nous nous offrons une nouvelle halte à Kostos, petit village dont la chapelle est magnifique, mais au coin d’une ruelle, une petite vieille nous mitraille du regard et nous comprenons qu’il est temps de remonter sur nos machines, grâce auxquelles nous avons la chance de découvrir beaucoup de pays en peu de temps.

Après quelques kilomètres, nous parvenons à Lefkes. Mon scooter fait un bruit de pétrolette effarant dans les rues de ce village et j’ai l’impression de réveiller tout le monde ! Nous posons nos engins pour aborder les rues piétonnes. Caro a une coupe d’enfer, les cheveux tout droit sur la tête ! Un peu comme à Filoti (Naxos), Lefkes est un véritable village authentique, « dédale de rues, multiples placettes, balcons fleuris « .

Octopus à Naoussa

Poulpe séché à Naoussa

Poulpe séché à Naoussa

Mais le poulpe grillé nous attend à Naoussa, et nous poussons les scooters  » à fond, à fond  » sur le chemin du retour. David se paie un  » tout-droit  » à la Ayrton Senna dans un virage, heureusement sans conséquences… Nous avalons les kilomètres, l’air nous fouette le visage, le vent nous déséquilibre, la mer nous contemple. Le port de Naoussa est beaucoup plus animé que quelques heures plus tôt, et les patrons de taverne harcélent les touristes. Dans un recoin du port, à peine jetons-nous un œil à la carte que nous sommes harponnés par le patron qui nous détaille sa carte :  » Hello, here, big octopus, not small octopus. With fries « . En fait de gros poulpes avec des frites, nous aurons un petit poulpe avec du riz, qui sera très très vite digéré (beaucoup plus vite que l’addition !). Mais l’insolite et le typique n’ont pas de prix d’autant plus que le poulpe grillé, c’est délicieux !

Ce nouveau désir comblé (il avait été décidé que ce serait la journée de tous les plaisirs et de toutes les folies), la nuit est tombée sur les Cyclades et nous allumons les lanternes pour rentrer à Parikia. Sans aucune confiance envers les routes grecques et leurs chauffards en tout genre (scooters, voiture, bus), le retour est éprouvant d’autant plus que mon phare ne porte pas à plus de 5 mètres. Il est 21h lorsque nous revenons devant l’agence de location. David s’offre une ultime pointe de vitesse dans les rues très animées de Parikia, en solo.

Retour à la case départ (sans toucher 20.000 drachmes)

Il ne nous reste désormais qu’à attendre le ferry. David et moi avalons un Gyros Pita car le poulpe était vraiment trop léger. Vers 22h30, nous gagnons le quai : il y a déjà des dizaines de personnes, assises, debout, couchées, avec leurs sacs à dos. Le squat habituel, quoi… Notre bateau doit quitter Paros pour Santorin à 23h30, mais déjà, il se murmure qu’il y aura du retard… La fatigue de la nuit précédente et de la journée accumulées ne tardent pas à me plonger dans un profond sommeil, parfois troublé par quelque mastodonte scandinave qui m’écrase les orteils… Quand je rouvre les yeux, il y a un monde infernal ! Les gens sont concentrés devant les portes d’accès au quai d’embarquement. Après être allés aux nouvelles, nous apprenons que notre bateau n’arrivera que vers 1h du mat’, et qu’avant lui quatre bateaux pour le Pirée devraient se remplir ! Pas étonnant qu’il y ait une telle foule… Mais la plupart se dirigent vers Athènes et nous ne sommes que quelques dizaines à embarquer sur le ferry à destination de Santorin, avec escales à Naxos et Ios. Packs de bières à la main, nos bruyants voisins norvégiens sur le pont se dirigent à coup sûr vers Ios,  » l’île-boîte « …

Le lever est difficile alors que nous approchons de Santorin. Il est 6h et nous redécouvrons de nuit les paysages qui avaient accompagné notre début de séjour : le volcan et la caldera, Thira la magnifique… Le petit port d’Athinios est relativement animé pour l’heure et nous ne sommes pas mécontents de voir qu’un bus se rend à Thira… Nous ne serons peut-être pas obligés de faire les SDF en dormant sur la plage ! Nous somnolons encore dans le bus. Je n’ai qu’une envie, me recoucher et j’essaye de ne pas trop me réveiller pour pouvoir me rendormir le plus vite possible !

De la station de bus, nous gagnons le Santorini Camping à quelques centaines de mètres, dont nous avions profité de la piscine en début de séjour. Il n’a pas très bonne réputation, mais c’est la solution la plus stratégique (près du centre-ville), et puis, ce n’est que pour un jour et demi. Par chance, les arrivants après le lever du soleil ne paient pas la nuit et les premiers rayons nous éblouissent lorsque nous franchissons l’entrée du camp. Pour une fois, nous ne prenons pas la peine de chercher deux emplacements à côté puisque nous n’avons pas de temps à perdre. Nous avalons un petit dej’ sommaire qui n’a pour d’autre but que de nous éviter d’être réveillés par la faim. David et Alex plantent leur tente, alors que Caro et moi déroulons simplement nos karémat avant de nous faufiler bien au fond de nos duvets. Il est 7h, il fait jour : « Kalinichta… » (bonne nuit).

« On va masque-et-tuber !

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La boucle est bouclée »»

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