Une page pour David

  • Jeudi 13 août 1998, Amorgos
Amorgos : vue de la plage d'Aigiali

Amorgos : vue de la plage d’Aigiali

Au petit jour, la vue est magnifique. Nous sommes une quarantaine à avoir ainsi dormi sur la plage… dont beaucoup de français. Juste à côté de nous justement, un couple d’âge mûr originaire de … Brindas. Ah ! Que le monde est petit…

Bercés par le bruit des vagues toute la nuit, la mer s’offre à nous au réveil. David se contorsionne dans son duvet pour enfiler son caleçon de bain et est vite le premier à se jeter à l’eau. La nuit a été éprouvante, la baignade matinale est vivifiante, mais il manque quelque chose : un petit déjeuner digne de ce nom. Nous nous offrons un breakfast complet dans une taverne, hélas bien trop vite avalé.

Nous rejoignons alors le camping d’Aigiali, où nous retrouvons les quatre jeunes français rencontrés dans l’avion. Ils se sont appropriés les deux derniers emplacements à l’ombre du camping… Mais ce n’est qu’une demi déception puisque le camp ne nous plaît pas vraiment. Lorsque nous quittons les lieux, deux solutions s’offrent à nous : prolonger notre séjour sur la plage (avec l’inconvénient majeur de n’avoir pas d’endroit pour stocker les sacs à dos) ou louer une chambre chez l’habitant. Nous avons tous très envie d’essayer cette seconde formule, mais alors que nous nous présentons sur le quai à l’arrivée d’un ferry, personne n’est là pour présenter de « Rooms to let »…L’unique opportunité qui s’offre à nous est une location à la semaine, alors que nous ne souhaitons rester qu’une nuit ou deux sur Aigiali.

Nous plantons alors David à la garde des sacs à dos et commençons à arpenter les ruelles, entre pensions et rooms. Mais partout, la même réponse : « Full… » (complet) . Nous sommes bien loin de la folie de Naxos et de son cortège de loueurs en tout genre ! A Amorgos, l’infrastructure touristique est bien moins développée qu’à Santorin ou Naxos et il y a peu de chambres pour des touristes de plus en plus nombreux… Nous commençons à désespérer, à nous résigner à rejoindre Chora ou Katapola, les deux autres grandes villes de l’île, lorsque le miracle survient. Vous vous souvenez de David, abandonné au coin d’une ruelle avec les sacs à dos ? Et bien de son côté, le bonhomme n’avait pas perdu son temps. Entré en contact avec une petite vieille grecque, celle-ci n’avait pas tardé à comprendre que nous étions à la recherche d’une location et avait sauté sur son téléphone. Alors que nous avons rejoint notre compagnon, c’est une jeune fille d’environ treize ans, qui parle un anglais remarquable, qui nous mène à la « room » en question.

Amorgos : dans une rue d'Aigiali

Amorgos : dans une rue d’Aigiali

Je commence à encenser David, à lui promettre une page du journal de bord s’il a réussi à nous trouver une chambre… Celle-ci est coquette et tout confort, mais il nous faut la négocier avec un vieux patriarche grec. Il propose 17 000 drachmes la nuit, pour deux nuits. La jeune (et jolie) grecque sert d’interprète, et lorsque nous demandons 15 000, le propriétaire a un sourire en se tournant vers nous :  » Français ? Ah… » et le prix tombe à 16 000. Mais nous signifions que c’est encore trop cher pour nous et nous commençons à nous en aller… Ils nous rappellent en acceptant l’offre à 15 000. Après une ultime concertation commune, juste le temps de dire  » banco !  » et nous voilà les heureux propriétaires d’une superbe room… David peut jubiler :  » J’ai ma page dans l’journal de bord !  J’ai ma page dans l’ journal de bord ! « . Et nous ne tardons pas à nous installer et à profiter du confort de cette petite chambre.

Juste après le repas les lits nous invitent à la sieste et tout le monde en profite ! Après la nuit éprouvante passée entre le ferry et la plage, après toutes ces nuits sur le Karémat (ou à même le sol pour David), c’est un véritable bonheur que ce profond sommeil sur un vrai matelas…

Amorgos, enfin…

Village d'Aigiali sur l'île d'Amorgos

Village d’Aigiali sur l’île d’Amorgos

En fin de journée, nous découvrons les alentours d’ Aigiali : David et Alex remontent la route qui longe la côte jusqu’à l’ilôt Ni Kouria, tandis que Caro et moi grimpons jusqu’au superbe petit village de Potamos, situé juste au-dessus d’Aigiali. Le coucher de soleil est un enchantement, et nous ne manquons pas d’apprécier la beauté du lieu. Après avoir littéralement  » bloqué  » sur cette île (jusqu’à passer par Naxos pour attraper un ferry certain d’y accéder), nous y sommes enfin et pour le moment nous ne sommes pas déçus par le paysage, alors que nous n’avons encore vu qu’une infime partie de l’île. Tout cela valait bien quelques heures de bateau !

Coucher de soleil sur les Cyclades vu du village de Potamos

Coucher de soleil sur les Cyclades vu du village de Potamos

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