« Ça ressemble au Luberon… »

  • Mardi 11 août 1998, Naxos

De bon matin (10h30…), nous retournons à Aghia Anna Beach, face au camping, pour la traditionnelle baignade after breakfast. Alex est sur pieds mais préfère éviter la mer une journée encore. A midi, le bus nous emmène à Chora, d’où nous prenons une correspondance pour Filoti,  » plus grand village de l’île et resté très typique  » d’après le Routard. Le trajet est typique lui aussi, puisqu’il nous faut près d’une heure pour rejoindre le village, situé au centre de l’île, par les petites routes peu fréquentées de Naxos. David effectue l’intégralité du trajet debout pendant que Caro, Alex et moi nous laissons aller à un petit somme…

Contrairement aux bus que nous avons pris jusqu’ici, celui-ci ne transporte quasiment que des Grecs et très peu de touristes, et cela fleure bon la Grèce profonde. Nous croisons aussi quelques Français qui ont déjà visité le coin et se laissent aller à une confidence : « Ça ressemble au Luberon… ». Et effectivement dès la descente du bus, le bruit des cigales nous accueille et nous nous offrons un pique-nique sous les oliviers ! Le temps d’une petite sieste et nous voilà partis à l’assaut des ruelles de Filoti.

« Photo ! Photo ! »

Très loin des ruches citadines de Santorin ou de Naxos, nous apprécions pleinement les chemins déserts, entre les habitations, plutôt que les ruelles commerciales bondées de touristes. On prend plaisir à se perdre dans les rues en escalier, à se photographier sous les voûtes, à s’élever au dessus du village pour le voir tout entier s’offrir à nous…

Hylias & Nikola

Hylias & Nikola

Au détour d’une maison, deux enfants nous interpellent ; l’un d’eux s’enfuit dans sa maison en nous faisant signe d’attendre, et ressort au bout de quelques instants avec un mouton sous le bras !  » Photo ! Photo ! « , se met-il à crier tout en s’accroupissant pour poser avec son frère… Appliqué, je prends la photo et nous rencontrons alors la mère des deux marmots qui nous fait comprendre qu’elle souhaiterait qu’on la lui envoie. Toute émue, elle griffonne nerveusement une adresse en grec sur un bout de post-it que nous lui tendons : « Hylias & Nikola Blasero, Filoti – Naxos ». Je n’oublierai pas de sitôt le sourire qui illumina à ce moment-là le visage de cette femme marquée par la vie… Il y avait tant d’espoir dans ses yeux quand elle nous a rendu ce post-it que je n’imagine pas une seconde la laisser dans l’attente en ne tenant pas notre promesse.

Après cet épisode émouvant, nous reprenons notre périple à travers les rues de Filoti, sans compter le nombre de marches gravies au passage. Nous sommes probablement les seuls touristes du village, puisqu’ hormis quelques autochtones, nous ne croisons personne dans les rues. Tout respire le terroir, l’authenticité grecque.

Naxos : scène de la vie grecque à Filoti

Naxos : scène de la vie grecque à Filoti

Naxos : l’église de la « Panaghia tis Filotissas »

Naxos : l’église de la « Panaghia tis Filotissas »

Au-dessus du village nous rejoignons l’église de la « Panaghia tis Filotissas ». Comme l’indique notre fidèle Guide du Routard, bible indispensable, l’endroit est absolument paradisiaque !

Pas de mer, certes, mais les contrastes de couleur (« les maisons toutes blanches, les flancs gris de la montagne, le vert de la vallée »… Merci Guide du Routard pour tes descriptions avisées !) sont saisissants et de toute beauté. Le Luberon ? Oui, il y a quelque chose…

Naxos : au coeur de la Grèce profonde, Filoti, un air de Luberon...

Naxos : au coeur de la Grèce profonde, Filoti, un air de Luberon…

Pour prolonger cette vision onirique, nous mettons plus d’une heure avant de nous résoudre à redescendre. Le bus de 18h30 ne passera jamais sur cette vieille place de Filoti cernée par les terrasses des cafés, et c’est en taxi (pour le même prix !) que nous regagnons Chora. David fait jouer de la Carte Bleue sur le port et nous nous retrouvons de nouveau avec des milliers de drachmes, prêts à commencer une nouvelle partie de Monopoly !

Adieu Karémat…

Il fait presque nuit lorsque nous nous installons sur la plage Aghia Anna, face au camping, pour un repas du soir  » on the beach « . Du sel à l’ouvre-boîte, du parmesan au camping-gaz, rien n’est oublié et c’est autour d’un 51 que démarre la cuisson des spaghettis. Le meltem souffle de plus en plus fort et David installe son Karémat (tapis de sol de camping, pour les incultes) afin de protéger le feu. C’est lors de la phase décisive, au moment de l’égouttage, que le drame survient : Alex finit de se faire belle au camping, Caro, David et moi nous organisons pour réussir cette opération difficile. L’affaire est rapidement emballée, mais alors que nous avons tous trois le dos tourné, une rafale de meltem en profite pour lâchement envoyer bouler le Karémat de David, qui disparaît en mer dans la nuit noire… Il importe de noter le courage et la dignité avec lesquels David a affronté cette épreuve, difficile pour tout campeur qui a noué des liens affectifs avec son Karémat…

« Le record d’Alex

Accueil cy-real.com | Cyclades 1998 (index)

« Mes pieds s’enfoncent dans le sable… » »»

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*