Sur le pont du Titanic

  • Dimanche 9 août 1998, de Santorin à Naxos en ferry

Comme prévu, nous levons le camp à 9h30 après un rangement efficace. Chargés comme des mulets, nous partons en direction de l’arrêt de bus, mais au bout de 200 mètres, sans même prendre la peine de faire du stop, une estafette prend pitié de nous. Nous ne tardons pas à rejoindre nos sacs dans la remorque, et nous manquons d’oublier un petit sac à dos en descendant à l’arrêt de bus…

Lorsque l’autocar paraît, quelques minutes plus tard, il nous snobe royalement et malgré nos gesticulations file en nous ignorant superbement. Nous voilà tous les quatre, plantés avec nos sacs à dos d’une tonne chacun, à plusieurs kilomètres du port… Je demande des renseignements à un jeune en moto : « You want to walk ? Oh no… Many kilometers ! » Finalement, c’est une navette en provenance de notre ex-camping qui s’arrête pour nous emmener à destination.

Entrée dans la baie de Ios

Entrée dans la baie de Ios

La route en lacets qui mène au petit port isolé d’Athinios est pittoresque. Le port est minuscule, et on a vraiment l’impression que le gros ferry à quai est arrivé là par erreur ! Les gens s’agitent de partout devant le quai d’embarquement. Aucun départ n’est prévu pour Amorgos (les hydroglisseurs ne partent pas à cause du vent), nous embarquons donc sur le gros ferry qui doit nous emmener à Naxos via Ios.

La traversée est tranquille, la Cocculine est inutile : aucun risque de souffrir d’un quelconque mal de mer ! L’entrée dans la baie de Ios nous permet de nous faire une belle idée de l’île, vue de loin. Après tout ce qu’on nous en a dit, aucun de nous n’a vraiment envie de la découvrir plus en profondeur… Le voyage dure plus de trois heures, mais c’est un moment de vrai repos et un break appréciable. Gagnant le pont supérieur un instant pour profiter du paysage (nous slalomons alors entre Paros et Naxos), je sifflote la musique de Titanic et je me prends pour Jack Dawson !

« Plaka camping ! »

A l’arrivée sur le quai, aux environs de 15h30, beaucoup de monde est là pour nous accueillir à coup de « Rooms ! », « Maragas camping, on the beach ! », « Rooms, appartments ! Rooms to let ! »… Les propriétaires présentent leurs chambres photos à l’appui, les patrons de camping soulèvent leur plaquette en criant le nom de leur camping et en vantant leurs avantages. On se croirait presque au marché ! Bref, nous sommes littéralement assaillis de toute part. Un couple étranger s’en va bras dessus – bras dessous avec une petite vieille qui vient de caser sa room, tandis que nous optons pour le « Plaka camping » sur les conseils de français rencontrés la veille à Santorin.

Les vingt minutes de trajet jusqu’au camp en bus sont rocambolesques : la route qui longe le bord de mer se transforme petit à petit en chemin de sable où les véhicules ont bien du mal à se croiser. Les scooters doublent à droite, à gauche, les conducteurs s’envoient des politesses (ou des insultes, je ne comprends toujours rien au grec). Sur la droite, la plage de sable fin (Prokopios beach) et les dunes défilent… c’est tout simplement magnifique !

A l’arrivée au camping, nous nous mettons en quête d’un emplacement. Il faut se baisser pour éviter les branches de citronnier et trouver quelques m² de libre dans un recoin du camp. Nous parvenons à caser nos igloos entre le grillage et les arbres, mais nous sommes contraints de condamner l’accès à notre plus proche voisin, qui devra ramper pour rejoindre son duvet… Alex nous prépare un jus de citron vert « cueilli sur l’arbre » et nous fonçons rejoindre la plage à travers les dunes, à seulement cent mètres de l’entrée du camp. « C’est parfait », s’écrie une nouvelle fois David. Caro m’enterre dans le sable, David et Alex jouent à « Karaté Kid », on est bien… Mais le soleil ne chauffe plus vraiment, et le vent frais nous ramène au camping pour le repas. Il est à peine vingt heures, et notre voisin a réussi à ramper jusqu’à son duvet puisqu’il est déjà couché. Après l’omelette et le saucisson – grec bien sûr -, David et Alex s’échappent jusqu’à Chora tandis que Caro et moi nous offrons une balade nocturne en bord de mer, pieds nus sur le sable humide…

Pas de « On est les champions ! »…

Au fait, la Grèce ne jouait pas la finale… Ils s’étaient fait sortir en demi par les Yougos, ce que m’expliquera un grec planté devant la finale (« Extratime, this guy killed us… » – « en prolongations, ce type nous a tués… » en me désignant le meneur yougoslave Bodiroga). Comme quoi, je n’avais vraiment rien compris à la une des journaux grecs ! Je regarde tout de même la finale (Yougoslavie – Russie) disputée dans une ambiance peu passionnée devant trois ou quatre téléspectateurs. Moi qui avait rêvé de voir la Grèce championne du monde en Grèce, après avoir vu la France championne du monde en France… Comment dit-on « On est les champions ! » en grec ?

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